EXONERATION DE CHARGES PATRONALES EN ZONES ZFU
Les modalités de calcul de l’exonération de charges patronales applicable aux entreprises implantées en ZFU et aux associations implantées en ZRU et en ZFU, modifiées à compter du 1er janvier 2009 par la loi de finances pour 2009 ont été précisées par le décret n° 2009-273 du 10 mars 2009.
Les circulaires ministérielles du 27 août 2009 relatives à l’exonération applicable aux entreprises et aux associations commentent ces nouvelles dispositions.
La lette circulaire Acoss n° 2009-077 précise les modalités de l’exonération.
La loi n° 96-987 du 14 novembre 1996 relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville a créé une exonération de cotisations patronales de Sécurité sociale, de FNAL et de versement transport pour les entreprises implantées en ZFU applicable dans la limite du produit du nombre d’heures rémunérées par le montant du SMIC majoré de 50%.
Cette exonération applicable depuis le 1er janvier 1997 a été ouverte, au 1er janvier 2004, aux associations des zones de redynamisation urbaine (ZRU) et de ZFU, certaines conditions d’application ayant été adaptées.
Du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2008, l’exonération, accordée pendant cinq ans à taux plein puis à taux dégressif pendant trois ans (entreprises d’au moins cinq salariés) ou neuf ans (entreprises de moins de cinq salariés), était applicable dans la limite du produit du nombre d’heures rémunérées par le montant du SMIC majoré de 40%. Depuis le 1er janvier 2008, les cotisations accidents du travail ne sont plus exonérées.
L’article 190 de la loi n° 2008-1425 du 27 décembre 2008 de finances pour 2009 a modifié le dispositif. Le décret n° 2009-273 du 10 mars 2009 précise les modalités de calcul de l’exonération désormais égale au produit de la rémunération mensuelle brute versée au salarié par un coefficient.
La circulaire ministérielle n° 2009-274 du 27 août 2009 relative à la mesure applicable aux entreprises implantées en ZFU et la circulaire n°2009-275 du 27 août 2009 relative à la mesure applicable aux associations implantées en ZRU ou en ZFU commentent ces nouvelles dispositions.
Vous trouverez en annexe des exemples sur ces nouvelles modalités de calcul.
1. DETERMINATION DU COEFFICIENT
11. SALAIRE HORAIRE INFERIEUR OU EGAL A 1,4 FOIS LE SMIC
Pour les rémunérations versées à compter du 1er janvier 2009, le coefficient est égal à T soit le taux des cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales, du FNAL et du VT dont l’employeur est redevable. Les taux retenus sont ceux applicables au premier jour de la période d’emploi rémunérée.
12. SALAIRE HORAIRE SUPERIEUR A 1,4 FOIS LE SMIC
Le coefficient est déterminé par application des formules suivantes :
Rémunérations versées du 1er janvier au 31 décembre 2009 :
T x (2,4 x SMIC x 1,4 x nombre d’heures rémunérées – 1,4) Rémunération mensuelle brute
Rémunérations versées du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2010 :
T x (2,2 x SMIC x 1,4 x nombre d’heures rémunérées – 1,4) 0,8 rémunération mensuelle brute
Rémunérations versées à partir du 1er janvier 2011 :
T x (2 x SMIC x 1,4 x nombre d’heures rémunérées – 1,4) 0,6 rémunération mensuelle brute
1. T = le taux de cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales + taux FNAL et VT dont l’employeur est redevable. Les taux retenus sont ceux applicables au premier jour de la période d’emploi rémunérée.
2. Le résultat obtenu par application de la formule est arrondi à trois décimales, au millième le plus proche. S’il est supérieur à T, il est pris en compte pour une valeur égale à T.
3. Le SMIC est le taux horaire du SMIC pris en compte pour sa valeur du premier jour de la période d’emploi rémunérée.
4. La rémunération mensuelle brute est constituée des gains et rémunérations au sens de l’article L. 242-1 du code de la Sécurité sociale versés au salarié au cours du mois civil.
13. NOMBRE D‘HEURES
En application de l’article L. 241-15 du code de la Sécurité sociale, l’assiette de calcul s’entend des heures rémunérées quelle qu’en soit la nature.
Suspension du contrat de travail avec maintien total ou partiel de rémunération
En cas de suspension du contrat de travail avec maintien total ou partiel de la rémunération mensuelle brute du salarié, le nombre d’heures rémunérées pris en compte au titre de ces périodes de suspension est égal au produit de la durée de travail que le salarié aurait effectuée s’il avait continué à travailler par le pourcentage de la rémunération demeurée à la charge de l’employeur et soumise à cotisations.
En pratique, le pourcentage est déterminé par application du rapport entre la rémunération du mois soumise à cotisations au sens de l’article L. 242-1 et la rémunération qui aurait été versée si le contrat de travail avait continué à être exécuté. Le rapport entre ces deux paramètres ne peut pas être supérieur à 1.
Salariés dont la rémunération ne peut être déterminée en fonction d’un nombre d’heures de travail rémunérées
Pour les salariés dont la rémunération ne peut être déterminée au cours du mois en fonction d’un nombre d’heures de travail rémunérées, le nombre d’heures est réputé égal :
1. pour les salariés dont la durée de travail est fixée par une convention individuelle de forfait annuel en jour : durée légale du travail calculée sur le mois x forfait / 218 jours ;
2. pour les salariés dont la durée du travail est fixée par une convention individuelle de forfait annuel en heures : 52/12ème de la durée moyenne hebdomadaire de travail ;
3. pour les autres salariés : durée collective du travail applicable dans l’établissement ou la partie de l’établissement où est employé le salarié calculée sur le mois si la rémunération versée au cours du mois est au moins égale au produit de cette durée collective par la valeur du SMIC,. Si la rémunération est inférieure à cette rémunération de référence d’une activité à temps plein, le nombre d’heures déterminé comme ci-dessus est réduit selon le rapport entre la rémunération versée et cette rémunération de référence.
Lorsque la période d’emploi rémunérée ne couvre qu’une partie du mois civil, le nombre d’heures rémunérées au cours du mois est égal au produit du nombre d’heures reconstitué dans les conditions exposées ci-dessus rapporté au nombre de jours calendaires compris dans la période d’emploi par 30.
En cas de suspension du contrat de travail avec maintien total ou partiel de la rémunération, le nombre d’heures pris en compte au titre de ces périodes est égal au produit du nombre d’heures reconstitué dans les conditions exposées ci-dessus par le pourcentage de la rémunération demeuré à la charge de l’employeur soumise à cotisations. Ce pourcentage est déterminé selon les modalités rappelées ci-dessus.
2. DETERMINATION DE L’EXONERATION
Le montant de l’exonération (ME), égal au produit de la rémunération mensuelle brute versée au salarié par le coefficient, est accordé à taux plein pendant cinq ans. A l’issue des cinq ans, il est réduit par les pourcentages applicables pendant la période dégressive. Ces montants sont rappelés dans les circulaires ministérielles.
3. MODALITES PRATIQUES D’APPLICATION
L’exonération doit être déclarée au moyen des codes types suivants qui devront être utilisés pendant les cinq premières années d’application de l’exonération et également pendant la période d’exonération dégressive :
673 : ZFU EXO COT SS + FNAL 0,10%
674 : ZFU EXO FNAL SUPPL 0,40%
675 : ZFU VERS. TRANSPORT
773 : ZFU EXO TAXE SYND MIXTE
Les entreprises non redevables du FNAL supplémentaire et du versement transport positionneront sur le BRC uniquement le code 673. Les entreprises redevables du FNAL 0,40% et/ou du versement transport et/ou de la taxe syndicat mixte positionneront en plus les codes 674 et/ou 675 et/ou 773.
4. ENTREE EN VIGUEUR
Les nouvelles modalités de calcul de l’exonération sont applicables au titre des rémunérations versées à compter du 1er janvier 2009, quelle que soit la date de conclusion du contrat.
Dorénavant, les codes types de personnel ci-dessus rappelés doivent être utilisés.
Pour les déclarations déjà transmises tenant compte des anciennes modalités de calcul, il conviendra de régulariser au plus tard lors de la production de la DADS et du tableau récapitulatif les périodes concernées.
EXEMPLE 1
Soit une entreprise de 21 salariés dont la durée collective est égale à la durée légale. Un salarié à temps plein n’effectuant aucune heure supplémentaire est rémunéré 1 337,70 € en septembre 2009 (8,82 € x 35 h x 52/12).
Ce salarié a été embauché en janvier 2008. L’employeur peut donc prétendre à l’exonération totale au titre de cette personne.
Cette entreprise applique un taux de FNAL de 0,50 % (FNAL 0,10 et FNAL supp. 0,40) et un taux de VT de 0,5%. Pour ce salarié, le coefficient est égal à T : 0,281 + 0,005 + 0,005 = 0,291
Le montant d’exonération applicable au titre de ce salarié pendant la période où il peut prétendre à l’exonération à taux plein est égal à : 0,291 x 1337,70 € = 389,27 €.
Dans cette entreprise, l’employeur rémunère pour le même montant et le même nombre d’heures un salarié embauché en janvier 2004. Au titre de ce salarié, l’employeur ouvre droit à partir du 1er janvier 2009 à l’exonération dégressive.
Au titre du mois de septembre 2009, le montant de l’exonération dégressive est égal à :
389,27 € x 60% =233,56 €
EXEMPLE 2
Soit un salarié rémunéré 2.000 € en septembre 2009 dans la même entreprise pour un temps plein sans heure supplémentaire. Ce salarié a été embauché en janvier 2003.
Le salaire horaire étant supérieur à 1,4 SMIC, il convient de déterminer le coefficient applicable au moyen d’une formule de calcul.
Pour une rémunération de 2.000 €, au titre des gains et rémunérations versées en mai 2009, le calcul est le suivant : 0,291 x (2,4 x SMIC x 1,4 x 151,67 h – 1,4) 2.000 €
Le coefficient est égal à 0,247.
Le montant d’exonération applicable est égal à : 0,247 x 2.000 € = 494 €
Au moment de la première application de l’exonération à taux dégressif au titre de ce salarié, soit janvier 2008, l’entreprise avait plus de 5 salariés.
Le montant de l’exonération applicable pour ce salarié au titre du mois de septembre 2009 est égal à :
494 € x 40% = 197,6 €
EXEMPLE 3
Soit un salarié rémunéré 2.300 € au mois de septembre 2009 dans une entreprise de 3 salariés pour un temps plein sans heure supplémentaire. La durée collective de l’entreprise est égale à la durée légale. Ce salarié a été embauché en janvier 2001.
L’entreprise ne verse pas de VT et est assujettie au FNAL 0,10%.
T = 0,281 + 0,001 = 0,282
Pour une rémunération de 2.300 €, au titre des gains et rémunérations versées en septembre 2009, le calcul est le suivant : 0,282 x (2,4 x SMIC x 1,4 x 151,67 h – 1,4) 2.300 €
Le coefficient est égal à 0,156.
Le montant d’exonération applicable « à taux plein » est égal à : 0,156 x 2.300 € = 358,8 €
Au moment de la première application de l’exonération à taux dégressif au titre de ce salarié, soit en janvier 2006, l’entreprise a moins de 5 salariés.
Pour le salarié, le montant de l’exonération au titre du mois de septembre 2009 sera égal :
358,8 € x 60% = 215,28 €.
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